NATURELLES, VÉGÉTALES ET ANIMALES
Chimiquement, une cire est un alcool gras + un acide gras, donc un produit gras. On distingue :
Les cires naturelles, végétales ou animales:
- cire d'abeille: pure vierge extra, elle s'obtient à partir de cire brute chauffée à 80°C et écumée des impuretés; de cette façon elle conserve la propolis qui lui confère le pouvoir collant.
- cire de carnauba: est extraite des feuilles d'un palmier, Copernica conifera ou arbre de la vie, qui pousse dans le Nord Est du Brésil, elle empêche aux feuilles de se déshydrater. Les feuilles sont coupées, séchées au soleil puis broyées pour extraire la cire. Caractéristiques de cette cire sont dureté, brillance, élévation de la température de fusion et donc augmentation du hors poussiérage. N.B. le mélange acide / alcool des cires les rend sensible à l'humidité ; la carnauba est la cire la plus imperméable car son alcool gras est un dialcool (2 foncions d'alcool).
- cire de gomme laque: est obtenue par précipitation en ajoutant de l'alcool et du white spirite à la gomme laque en paillettes. Elle a sensiblement les mêmes caractéristiques que la carnauba mais avec mineure brillance et imperméabilité.
Les cires synthétiques et minérales (on les appelle « cires » pour leur consistance, pas pour leur composition chimique):
- cire de polyéthylène
- cire micro cristalline qui présenteparaffine qui a l'inconvénient d'attirer la poussière statiquement; il faut donc limiter son emploi à 3-5% max. dans la préparation d'une cire.
Un produit similaire à la paraffine est l'ozokérite qui purifiée s'appelle céresine; on peut en mettre quelques copeaux (5% env.) dans la cire.
Suite à des essais on a vu que le pourcentage max. de cire de gomme laque et / ou de cire. de carnauba à mélanger avec la c. d'abeille est de 30%: avec moins de 30% on a des finitions moins brillantes, plus de 30% on a des problèmes (craquelures, etc.).
Les cires sont caractérisées par plusieurs paramètres :
· Acidité: l'indice d'acidité (Ia) mesure l'acidité par rapport aux acides gras libres (car le pH peut se mesurer seulement dans l'eau).
· Le vieillissement : l'indice d'iode (Ii) dépend du nombre de doubles et triples liaisons dans sa formule chimique. Les doubles et triples liaisons d'un produit s'ouvrent au contact de l'oxygène et des rayons U.V. (donc de l'air et de la lumière). Pour voir cela on a crée l'indice d'iode (Ii) : l'iode se fixe sur les doubles et triples liaisons et les transforme en simples liaisons. Plus le Ii est élevé, plus le produit présente de doubles et triples liaisons, plus il a tendance a vieillir suite à l'exposition à l'air et à la lumière. Par exemple, la cire d'abeilles a un Ii bas ( env. 4-5), donc la cire ne vieilli pas; quand on dit qu'une cire a vieilli c'est inexacte : c'est son diluant qui vieillit (voir plus bas).
· La brillance: pour évaluer l'indice de réfraction (n) d'un produit, il faut le comparer avec celui du verre (n=1.50-1.51). En effet, dans notre société on est entourés de verre, glaces et surfaces vitrées et on est par conséquent habitués à considérer le verre comme terme de référence de la brillance: tout produit ayant un « n » inférieure à celui du verre nous semble plutôt mâte, et vice versa. En outre l'œil humain ne fait pas de différence de indice de réfraction à moins de 0.02. A noter aussi que la brillance d'un produit ne dépend pas de la composition de la matière mais de l'état de surface :
1)surface parfaitement plane: les rayons de lumière sont réfléchis parallèlement entre eux, donc effet brillant.
2)surface un peu irrégulière: les rayons ne sont réfléchis parfaitement parallèlement3)surface très irrégulière: les rayons réfléchis dans tous le sens, donc aspect mâte.
· La température de fusion (Tf): température de passage à l'état liquide, de celui ci dépend aussi la température vitrification (Tv) qui nous indique la facilité d'un produit à être hors poussière. N.B. 40°C= température de
En fonction de ces paramètres (plus quelques autres), voici en résumé les caractéristiques principales des cires les plus utilisées en
CIRE D'ABEILLE (cire animale, aspect mâte):
Ia = 18-21, donc pas acide.
Ii = 5-11, donc ne vieillit pas.
Tf= 60-65°C, donc plutôt basse
Tv=32, donc elle accroche la poussière car <40°C(d'où la nécessité d'incorporer de la carnauba pour éleverDensité= 0,96
Rayabilité = tendre.
Température de résistance en continue (Trc): 110°C
n : 1.44, donc pas très brillante.
CIRE DE GOMME LAQUE ( cire animale, aspect satiné)
Ia= 30 ( + acide que la c. d'abeille)
Ii= 20 ( comme la cire d'abeilles.)
Tf= 80-85°C
Tv= 56°C pas de pouvoir résiduel collant (car >40°C)
Trc= 120°C
n= 1.46
plus sensible à l'humidité
Réaction chimique : attaquée par les bases .
CIRE DE CARNAUBA (cire végétale, aspect brillant)
Ia= 3-7 (bon)
Ii= 13 (bon)
Tf= 83 – 86°C
Tv= 64°
Trc= 125°C
n= 1.49
moins sensible à l'humidité: bonne imperméabilité.
En conclusion, elle est plus intéressante que la cire de gomme laque.
CIRE OZOKERITE (cire naturelle d'hydrocarbure, aspect mâte / satiné)
Ia= 0 neutre
Ii= 7 ne vieille pas
Tf=Tv= 40 – 80°C (dépend de sa provenance)
Trc= 80 – 120°C (dépend de sa provenance)
n = 1.44 moyenne brillance
Insensible à l'humidité
Inertie chimique = pas attaquée par les bases.
Dans une finition cirée on utilise le plus souvent, après ponçage et bouche-porage, un encaustique, c'est à dire un mélange de cire(s) et de diluant.
Les diluants des cires :
Essence de térébenthine: aromatique et non cancérigène, elle jaunit avec le temps, mais cela n'est pas nécessairement une caractéristique négative.
White spirite: (VARSOL)si dé-aromatisé il perd ses qualités pour être utilisé efficacement dans un encaustique; si nature c'est bien pour diluer la cire car il jauni moins que la térébenthine. N.B. pour voir si l'essence de térébenthine ou le White spirite qu'on a achetée est de bonne qualité, on en verse un peu sur du papier filtre, si on remarque une auréole blanche c'est du siccatif et ce n'est pas bon.
Cyclohexane: plus cher mais meilleur, notamment dans le ciré rempli, car il ne jaunit pas.
On peut aussi cirer à chaud (donc sans ou avec très peu de diluant). Pour ce faire, on prépare le bois poncé / mouillé, re poncé et brossé pour écraser le pore. On applique la cire chaude au pinceau en croisant (voir mélange ci dessus : abeille 70%, carnauba 25%, cérésine 5%). On essuie l'excès tout de suite derrière avant que la cire fige. Après 1 heure on brosse. Le maximum du brillant on l'aura après quelques semaines ; pour l'entretien il ne faudra plus cirer ni mettre de produits par la suite mais juste passer un chiffon de laine de temps en temps. L'idéal est d'écraser la cire avec un bouchon de liège ou avec une pierre d'agate, mais cela est très long sur des grandes surfaces.
Pour enlever la cire on utilise des solvants :
· Pour des cires neuves les solvants sont essence de térébenthine, white spirite, xylène, essence F, trichloréthylène, …
· Pour des cires vieilles on utilise white spirit (20%) + méthyle isobutyl cétone MiBC (80%).
· Pour des cires très vieilles cire on utilise acétone (10%) + MiBC (90%).
N.B. Dans les vieux encaustiques altérés par le temps, ce n'est qu'une couche très superficielle de 100 microns max. qui est atteinte par le U.V.. Souvent, pour rénover un meuble ciré il n'est donc nécessaire de décaper, il suffit simplement de nettoyer en surface
SOUCE:http://www.fplebeniste.com/tipofr.php?id=cur&rid=francais
